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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Gaza : communiqué et commentaires

29 Août 2014 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Palestine Gaza

Gaza : La France doit agir pour consolider le cessez-​​le-​​feu (AFPS)

AFPSL’annonce d’un « cessez-​​le-​​feu illimité » a été aus­sitôt accueillie à Gaza et en Cis­jor­danie par des scènes de liesse popu­laire. Cela traduit l’aspiration pro­fonde à la paix du peuple pales­tinien en lutte pour sa liberté.

A ce stade, le cessez le feu est fragile et, si des pre­miers résultats sont annoncés (ouverture des pas­sages pour l’aide huma­ni­taire et la recons­truction, dou­blement de la zone de pêche), la situation n’est en rien réglée : c’est dans un mois que la levée du blocus sera véri­ta­blement abordée au fond. Le bilan de cette agression est très lourd : 2137 morts, plus de 11000 blessés, une popu­lation réduite à des condi­tions extrêmes de survie, des des­truc­tions mas­sives d’écoles qui vont retarder la rentrée sco­laire … Et au len­demain de la signature du cessez-​​le-​​feu, la répression continue comme à l’ordinaire en Cisjordanie.

La question si essen­tielle pour les Gazaouis de la levée du blocus ne pourra être dis­sociée de l’ensemble du dossier israélo-​​palestinien. Rien n’indique que Neta­nyahou ait en quoi que ce soit modifié son point de vue depuis son sabotage des « négo­cia­tions » au prin­temps, sabotage permis par l’absence de réac­tions inter­na­tio­nales. Il va une fois de plus jouer la montre et chercher à pro­longer indé­fi­niment le « statu quo » pour pour­suivre la colo­ni­sation et l’occupation.

Il est donc impé­ratif, si on veut qu’enfin les Pales­ti­niens de Gaza retrouvent un début de vie « normale » et qu’on aille du cessez-​​le-​​feu vers une paix conforme au droit, qu’il y ait une impli­cation exté­rieure forte. Faute de quoi on retombera vite dans ce statu quo insup­por­table qui écrase les Gazaouis depuis plus de sept ans, permet le déve­lop­pement sans fin de la colo­ni­sation et entraînera inévi­ta­blement de nou­velles vic­times. Israël a démontré par le passé qu’il n’accorde aucune valeur à ses propres enga­ge­ments, l’allègement du blocus et l’extension de la zone de pêche, promis lors du cessez-​​le-​​feu de 2012 et jamais mis en œuvre, sont là pour le rap­peler, tout comme l’arrestation d’une soixan­taine de per­sonnes pré­cé­demment libérées dans le cadre de l’accord dit « Shalit ».

La France qui avec ses par­te­naires euro­péens se dit prête à s’engager pour contribuer au règlement du conflit - et qui vient pour la pre­mière fois de fixer la levée du blocus comme objectif - ne peut esquiver sa res­pon­sa­bilité. Elle doit réparer les consé­quences désas­treuses du com­mu­niqué de F. Hol­lande du 9 juillet qui prenait fait et cause pour les diri­geants extré­mistes israé­liens en ignorant la souf­france de la popu­lation pales­ti­nienne et user de tous les moyens diplo­ma­tiques, poli­tiques et éco­no­miques pour empêcher Neta­nyahou de saboter les fra­giles espoirs d’aujourd’hui.

Cela suppose d’oser enfin uti­liser l’arsenal de sanc­tions dont elle dispose, y compris pour ce qui la concerne la sus­pension de l’accord d’association UE-​​Israël. Elle doit en même temps faire clai­rement savoir aux diri­geants israé­liens que l’ère de l’impunité est ter­minée et que les res­pon­sables des crimes de guerre devront en répondre.

Le Bureau national

 


Sébastien Boussois : "Le Hamas sort totalement gagnant de la guerre"

najiAprès cinquante jours d’une guerre sanglante qui a fait 2 140 morts côté palestinien, 69 côté israélien, Israël et le Hamas ont finalement conclu un cessez-le-feu, entraînant un allègement du blocus de Gaza. Chercheur associé à l’université libre de Bruxelles et au Centre Jacques-Berque (CNRS-Rabat), Sébastien Boussois vient de publier Gaza : l’impasse historique (Éditions du Cygne), livret indispensable apportant toutes les clés pour mieux appréhender ce tragique conflit et ses conséquences. Dans une interview au Point.fr, le spécialiste du Proche-Orient explique pourquoi le mouvement islamiste peut se targuer auprès de sa population d’avoir remporté la guerre.

Les termes du cessez-le-feu conclu le 26 août paraissent bien faibles à l’aune des pertes humaines...
Les éléments négociés au Caire peuvent être considérés aujourd’hui, en l’état, extrêmement importants même s’ils sont symboliques, comme ils l’étaient en 2009 et en 2012. Toute trêve apporte son lot d’espoirs. La levée du blocus et l’ouverture des deux postes-frontière avec Israël, c’est quelque chose que le Hamas demandait depuis un mois, et que les Palestiniens exigent depuis sept ans. On connaît les conséquences de ce blocus sur le plan humanitaire. On se dirigeait tout droit vers un dramatique scénario à l’irakienne, avec des générations de jeunes gens frappés par les sanctions occidentales.

Le blocus de Gaza n’a pourtant pas été entièrement levé...
Un assouplissement du blocus constitue déjà une avancée importante. Les Palestiniens peuvent pêcher dans une zone plus vaste, ce qui leur permet de récupérer les poissons qui leur appartiennent. Il faut voir maintenant si les mesures d’assouplissement vont évoluer.

Israël affirme qu’une levée intégrale du blocus permettrait au Hamas de se réarmer. Est-ce vrai ?
C’est une possibilité, dans l’absolu. Mais la question est de savoir si, dans l’hypothèse d’une levée du blocus, le Hamas conserverait pendant cinquante ans sa volonté de détruire Israël, ou s’il se normaliserait, comme l’Autorité palestinienne, qui a abandonné la lutte armée au profit de la résistance pacifique.

Le Hamas affirme être sorti vainqueur de ce conflit. Est-ce le cas ?


Israël a perdu la guerre à Gaza mais le combat pour la justice continue (Ali Abunimah)

Il y a une raison claire de célébrer l’accord de cessez-le-feu conclu aujourd’hui entre Israël et la résistance palestinienne : 51 jours et nuits de destruction et de massacres incessants de la part d’Israël se sont achevés à Gaza.

Avec l’annonce qu’Israël avait accepté de réouvrir les frontières de Gaza, Hamas a proclamé la victoire et les Palestiniens, en particulier à Gaza, sont en train de la célébrer. Chez beaucoup d’Israéliens, pendant ce temps, il y a un sentiment d’amertume et de défaite.

“Ce que Netanyahu et ses collègues ont amené sur Israël, dans un conflit entre l’armée la plus forte de la région et une organisation de 10 000 personnes, n’est pas seulement une défaite. C’est une débâcle”, écrit Amir Oren d’Haaretz, admettant ainsi de façon étonnante la dimension du revers subi par Israël.
Quelques observateurs traitent les derniers événements avec une précaution compréhensible.

“Je ne me sens pas d’humeur à me réjouir, je suis seulement content qu’il n’y ait plus de morts parmi les gens, les enfants”, m’a écrit l’écrivain de Gaza Omar Ghraieb.

À part les plus de 2100 morts, “tant de gens ont été blessés, des maisons bombardées, des tours rasées, la vie déformée”, a ajouté Ghraieb. “Je préférerais juste voir de près ce qui attend Gaza”.

Israël a effectivement une longue histoire de violations d’à peu près tous les accords jamais signés avec les Palestiniens, depuis les accords d’Oslo en 1993 jusqu’aux précédents cessez-le-feu à Gaza.

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