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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

La République démocratique de Palestine (Gaston Pellet)

21 Décembre 2011 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Palestine

La République démocratique de Palestine*

En 2006, la guerre du Liban avait une fois encore soulevé la réprobation.

Un texte intitulé "Brigades internationales", diffusé en plein conflit et recueillant de nombreuses signatures, tentait de réagir à chaud et proposait cette idée à faire fleurir : la République démocratique de Palestine. Elle appelait alors quelque développement et aujourd’hui une actualisation.

Depuis 2006, l’agression contre Gaza dans l’hiver 2008/2009, tout aussi cruelle et dévastatrice, fut vite oubliée de même que l’arraisonnement meurtrier de la flottille pour Gaza, les exactions permanentes contre le peuple palestinien, ignorées. Aucune sanction jamais infligée, Israël bénéficiant ouvertement d’une immunité scandaleuse garantie par les « Occidentaux » s’érigeant eux-mêmes en « Communauté internationale ».

Les militants de la cause palestinienne poursuivent inlassablement les mêmes objectifs : la Paix, les négociations, le mur, les droits du peuple palestinien, l'État palestinien, les deux États…

Pourtant, objectivement, nous n’en sommes plus là.

 

Il faut considérer, en se libérant de la contrainte du politiquement correct si sensible en la matière –contrainte à laquelle on avait fini par se soumettre- qu'Israël ne peut subsister en tant qu'État sioniste, ce que la propagande politico-médiatique présente comme la recherche pure et simple de la «mort d’Israël ». Ignorons cet artifice fallacieux.

Et affirmons-le clairement : la solution de deux Etats sur le territoire palestinien n’est plus possible. Pour trois raisons au moins :

- le non sens dans notre siècle d'un État fondé sur l'exclusion de l'autre

- l'état de guerre nécessairement permanent qui en découle

- la non viabilité d'un État palestinien dans ce qui subsiste de la Palestine

 

1 – Est en cause, le caractère sioniste de l'État d'Israël et seulement cela. Qu'on ne nous fasse pas dire ce que nous ne disons pas et récusons par avance l'accusation si commode d'antisémitisme. L'État sioniste est expansionniste(l'objectif du Grand Israël jusqu'au Jourdain n'est pas abandonné, la colonisation se poursuit sans relâche), dominateur(ses voisins doivent se garder de viser trop haut et de lui faire de l'ombre économiquement, politiquement, militairement : cf. Irak, Liban, Syrie, Iran), raciste(seuls les juifs sont citoyens à part entière notamment par le biais du service militaire dont les Arabes israéliens sont "dispensés") et intouchable(Israël est le seul État au-dessus des lois même morales : aucune résolution de l'Onu respectée, impunité acquise, dommages de guerre à la charge de la communauté, etc…)

 

unetatunique.gif2 – La survie de cet État le conduit forcément à entretenir une armée et des services secrets que rien n'arrête. Il peut se le permettre grâce à la complicité et une aide considérable des USA, et plus récemment l’appui militaire, indirect pour le moment sauf si la situation en Syrie vient à l’exiger, des puissances impérialistes européennes et moyen-orientales, voire de forces occultes révélées benoîtement par M. Bernard-Henry Lévy à propos de son engagement en Libye, qu'il a déclaré avoir pris  "en tant que juif" et "défenseur d’Israël". Il faut au sionisme montrer en permanence sa force et tendre à réduire toute résistance.

Aucune issue n'est envisageable, la voie de la négociation, jamais respectée, est épuisée. La démonstration est amplement faite qu’Israël ne dévie pas du principe énoncé par son fondateur, Ben Gourion : « Ne recherchons pas la paix, il faudrait en payer le prix ». Comme dans toute situation de type colonial, l'oppresseur n'accepte que les compromis qui lui sont favorables et l'Histoire nous enseigne que l'opprimé ne s'y résout jamais définitivement.

3 – Il y a quelques années encore, la solution de deux États vivant côte à côte paraissait possible et la seule acceptable. Malgré l'immense sacrifice des Palestiniens abandonnant 80% de leurs territoires, Israël, par idéologie sioniste, n'en a pas saisi l'opportunité. Il ne la saisirait pas plus si l’abandon allait jusqu’à 85 ou 90%. Le sionisme exige 100 %.

Aujourd'hui, il faut voir la réalité en face : la bande de Gaza, surpeuplée, est invivable ; la Cisjordanie truffée de colonies, enserrée par un mur honteux et illégal, est si déchiquetée et défigurée qu'elle ne peut plus être le territoire principal d'un État souverain ; Jérusalem a été volontairement judaïsée et encerclée pour créer l'irréversible. La continuité territoriale, au surplus, est impraticable. Cessons donc d’agiter le leurre d’un impossible Etat.

 

On doit par conséquent accepter l'idée de repenser le Proche-Orient. Les frontières et les États ne sont pas gravés dans le marbre. On l'a parfois déploré mais en l'occurrence on ne voit pas d'autre issue.

Bien entendu, les rapports de force n'y sont pas favorables dans l'immédiat. Mais ils ne sont pas non plus éternels. L'hégémonie des E.U. est en perte de vitesse et la pérennité d'Israël, État satellite, en dépend. D'autres ensembles se dessinent pour une donne internationale nouvelle à moyen ou plus long terme.

Peut donc naître, dans l'avenir, une République démocratique de Palestine sur l'ensemble du territoire, qui n'exclurait aucun citoyen, n'inscrirait nulle discrimination dans sa constitution, serait fondée sur la laïcité et aurait ainsi vocation à vivre en paix avec ses voisins.

Les dernières évolutions du monde arabe viendront-elles compliquer la situation et retarder son dénouement ? C’est probable mais cette issue paraît cependant inéluctable : Israël sioniste ne peut et ne doit pas survivre au Moyen-Orient.

Ce n’est plus une utopie, c’est la solution.

 

Gaston PELLET – 4 et 29 septembre 2006

 

* texte revu et actualisé en novembre 2011

L'illustration a été choisie par le webmestre

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