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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Législatives iraniennes du 2 mars 2012 : un pouvoir contesté de l'intérieur ?

1 Mars 2012 , Rédigé par Militants du MRAP Publié dans #Iran, #Proche et Moyen-Orient

A l’occasion des élections législatives du 2 mars en Iran :

Un pouvoir contesté de l’intérieur ?

drapeau-iran.jpgAlors même que la tension avec l’Iran à propos du nucléaire braque les regards vers ce pays, les élections législatives iraniennes qui vont se dérouler le 2 mars et auxquelles vont participer quelques 3400 candidats ne suscitent cependant guère d’intérêt ici en Occident.

 Il est vrai qu’à l’inverse de l’élection présidentielle de 2009 qui avait donné lieu à de vives manifestations durement réprimées après l’élection contestée d’Ahmadinejad, l’absence de l’opposition –les chefs de file du « mouvement vert » sont réduits au silence, tout comme le relatif effacement des réformateurs qui se répartissent sur 2 listes ne sont pas de nature à passionner les médias dès lors que l’Iran connaît ce qui s’apparente à une forme de « normalisation » politique imposée par le pouvoir et singulièrement par le clan  du président de la République, Ahmadinejad.

Néanmoins, ces élections qu’une partie de l’opposition appelle à boycotter sont loin d’être un non-événement comme le laisse supposer la discrétion de nos médias, mais aussi d’analystes que l’on a connus plus diserts lors de la présidentielle de 2009. Elles vont être l’occasion d’un affrontement entre les divers courants ou tendances qui traversent le camp conservateur- et même le  proche entourage d’Ahmadinejad- et  qui s’opposent plus ou moins ouvertement pour exercer un pouvoir sans partage.

Si, parmi les quatre coalitions qui se réclament du fondamentalisme, l’on excepte   le « Front de l’Endurance » peu influent à vrai dire et la «  Voix de la Nation » qui rassemble les plus véhéments des critiques d’Ahmadinejad, la  « compétition » va surtout opposer  le  « Front de la Persistance » (hezbe païdari) qui rassemble les partisans du président de la République et  le « Front Uni des Conservateurs » (hezbe motahed) proche du Guide suprême Ali Kameneï, du président du Parlement Ali Larijani et du président de l’Assemblée des Experts Reza Mahdavi Kan, lequel  a remplacé à ce poste Ali Rafsandjani.

Le nouvel équilibre qui suivra les élections n’entraînera sans doute pas de changement fondamental dans le régime iranien néanmoins l’impact de ces élections ne doit pas être négligé, d’autant  moins en cas de défaite de la coalition regroupée autour d’Ahmadinejad, même si ce dernier en tant que Président de la République a refusé de s’engager dans la campagne des législatives. Cette défaite pourrait être lourde de conséquences pour Ahmadinejad lorsque l’on sait que le Parlement a le pouvoir de convoquer le président pour l’interroger et même de présenter, sous certaines conditions, une motion en vue de sa destitution, et cela a failli être le cas l’an dernier.

A terme, ces élections pourraient entraîner des changements notables au sein du pouvoir et par voie de conséquence dans la politique iranienne, surtout au niveau international,  politique qui est contestée à l’intérieur même de la mouvance fondamentaliste.

Alors qu’une vive tension est entretenue à propos de la question du nucléaire iranien, ce manque d’intérêt de l’Occident pour les législatives du 2 mars est incompréhensible, voire troublant. L’impasse faite à cette occasion sur l’exigence de démocratie au profit d’une focalisation sur la seule question du nucléaire pose question.

Le 29 février 2012

Y.M.&A.V.

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