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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Les « Blancs », le racisme « anti-blanc », les « Indigènes de la République » .. et le MRAP.(4).

9 Décembre 2012 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #"Racisme anti-blanc"

Une première version partielle de cette étude avait été publiée en juillet 2011. Une nouvelle, remaniée après le congrès du MRAP, en avril 2012. Cette dernière n'est plus en ligne à son emplacement d'origine. La remise en ligne actuelle sur "Repères" ne tient pas compte des récents développements du débat (tribunes publiées sur Rue 89, le Monde, etc..).

Les analyses développées dans cette série d'articles sont celles personnelles et évolutives de l'auteur à un moment déterminé et ne doivent être considérées que comme une introduction au débat. FM


Racismes réels ou racismes imaginaires. Quelques débats.

Ces racismes sont mis en avant par l'extrême-droite, pour stigmatiser ceux qui en seraient les auteurs. Dès lors, elle ne ferait qu'avoir une attitude défensive contre des menaces extérieures à la société « blanche, française et chrétienne. » Cette dénonciation d'un « racisme à l'envers » lui permet :

- soit d'expliquer que le racisme est la chose du monde la mieux partagée,

- soit même de se poser en victime.

Le « racisme anti-blanc », réalité ou argument de propagande de l'extrême-droite ?

Les comportements racistes contre des « blancs » sont une triste réalité, mais existe-t-il un « racisme anti-blanc » structuré en idéologie ? Existe-t-il des ouvrages, des sites Web, des théoriciens ? Aux États-Unis d'Amérique, des théoriciens du « Black Power » ont effectivement défendus des positions racialistes (séparation, y compris géographique, des races, refus des mariages avec des « blancs », etc..), voire même racistes ou suprémacistes. Il y eut même des convergences1 avec certains mouvements et des racialistes « blancs »2.

Ces théories ne doivafro_couple_flag_black_is_beautiful1.gifent pas être confondues avec celles du « Black is beautiful », telles qu'analysées par Richard Y. Bourhis et Jacques-Philippe Leyens3 :

« Les stratégies collectives sont adoptées dans les situations où la structure de la relation intergroupe est perçue comme étant plus ou moins illégitime et instable (Turner & Brown, 1978). Parmi ces stratégies, la créativité sociale permet aux membres d'un groupe de réinterpréter positivement les caractéristiques de l'endogroupe ou de créer de nouvelles dimensions de comparaison qui pourront les avantager lors de comparaisons sociales avec les membres de l'exogroupe (Lemainc. 1974; Tajfel, 1978). Par exemple, les Noirs américains des années 1970 ont redéfini d'une façon positive les caractéristiques de leur endogroupe qui avaient longtemps été dénigrées par la majorité blanche anglo-américaine. Le mouvement «Black is Beautiful» a aussi revalorisé les caractéristiques physiques et culturelles des «Afro-Américains» sur des dimensions de comparaisons autres que celles imposées par la majorité blanche (Brown. 1986). Celle différenciation positive sur de nouvelles dimensions de Comparaison a contribué à une valorisation de l'identité sociale des Noirs américains et a encouragé la lutte pour l'émancipation de cette minorité visible d'environ 30 millions de personnes aux États-Unis (12% de la population des USA, Pinkney, 1987). On a assisté au même phénomène. au Québec, au cours de la «Révolution tranquille», alors que la langue et la culture québécoises sont devenues des dimensions de comparaison valorisantes pour les Francophones dans le contexte anglo-canadien (Bourhis &. Lepicq, 1993). Un phénomène semblable de revalorisation de l'identité sociale se poursuit non seulement parmi les nations autochtones du Canada, des États-Unis et de l'Amérimdi2008.jpgque latine... »

Et en France ? Il y eut une tentative (de racialisme et/ou de suprémacisme Noir) dans ce sens, celle de Kemi Seba, Stellio Capochichi pour l'état-civil.

Il fut successivement suprémaciste Noir (les Noirs, qu'il appelle les Kémites, sont supérieurs aux Blancs), puis racialiste (les races ne doivent pas se mélanger), prônant l'alliance des peuples contre « l'impérialisme »4, puis partisan du retour des Noirs en Afrique. Durant ces deuxième phase, il multiplia les alliances et déclarations antisémites, ce qui lui valut plusieurs condamnations, notamment à l'initiative du MRAP.

Actuellement, le site http://www.africamaat.com/ défend des théories ethnologiques et historiques, inspirées de Chekh Anta Diop, qui peuvent être contestées. Vouloir faire connaître et valoriser les apports négro-africains à l'histoire de l'humanité n'est pas du suprémacisme noir et n'est pas en soi condamnable. Par contre la promotion des théories de Dieudonné M'Bala M'Bala, l'est, comme la présentation tendancieuse du rôle qu'auraient joué des commerçants juifs dans la traite négrière. Il serait plus facile de déceler des contenus antisémites dans certains articles de ce site que des contenus « racistes anti-blancs ».

Ryssen-Le-racisme-antiblancEn tant qu'idéologie, le « racisme anti-blanc » correspond donc plus à un fantasme5 qu'une réalité. Par contre, sa dénonciation est devenue un des principaux arguments de tous les défenseurs d'une « identité blanche » aux contours multiples, par exemple :

- l'AGRIF qui se proclame la seule véritable association antiraciste française6 lutte pour le « respect de l’identité française et chrétienne ».Qui parle de communautarisme ?

- Hervé Lallin, dit Ryssen, condamné pour racisme7, auteur de nombreux ouvrages dénonçant un soi-disant « complot juif », se consacre maintenant à la dénonciation du « racisme anti-blanc8 ».

Il faut donc être extrêmement prudent en manipulant ce concept.

Racisme anti-chrétien : bien définir la chose.

Les chrétiens peuvent être victimes d'actes racistes, en France et dans le monde. C'est évident. Mais là aussi, la dénonciation d'un racisme anti-chrétien est devenu un des éléments du fonds de commerce de l'extrême-droite.

Dans différents pays, la situation est complexifiée par des interférences avec :

- une intolérance religieuse générale : les extrémistes hindouistes du BJP s'attaquent aux musulmans, aux chrétiens, aux bouddhistes. L’Irak connaît actuellement de nombreuses violences contre les chrétiens, mais aussi contre les chiites, et les auteurs sont vraisemblablement les mêmes.

- les affrontements sur des bases religieuses, chacun des deux camps ayant recours à la violence. Le quotidien catholique français La Croix mentionne ce fait le 11 janvier 20129. Une légitime dénonciation des exactions du groupe islamiste Boko Haram ne peut faire l'impasse sur les violences imputables aux chrétiens.

- l'existence d'une politique officielle d'éradication de « l'opium du peuple » de la part de régimes qui prônent un athéisme d'État. Les autres confessions religieuses sont elles aussi visées.

En France, les actes imputés à un racisme anti-chrétien sont de plusieurs ordres :

- des saccages de lieux de culte, sans qu'on sache très bien ce qui ressort du cambriolage, du vandalisme gratuit, de provocations « satanistes ». Le plus souvent, cambrioleurs (et leurs clients) et vandales sont eux-mêmes issus de milieux chrétiens.

- des ouvrages, pièces de théâtre, etc qui critiquent le christianisme ou sont dénoncées comme telles, le plus souvent par des personnes qui ne les ont ni lus, ni vues10.

Le racisme anti-français existe-t-il ?

Bien sûr, des personnes identifiées comme « Françaises » peuvent être victimes en France d'actes racistes, y compris de la part de personnes ayant la même nationalité.

Des Français ont aussi été victimes d'actes racistes et xénophobes lors de la guerre civile en Côte-d'Ivoire.

Dans les deux cas, ces actes racistes se confondent souvent avec du racisme « anti-Blancs ».

Passons aux théorisations idéologiques, ne serait que pour signaler cette curiosité sur la toile : le site anti-français d'un militant breton, Jean-Pierre Le Mat : http://contreculture.org/ « Enquêtes bretonnes sur les mythes français ». Tout le monde y est dénoncé : de Aragon à Zola, en passant par Jeanne d'Arc, Guy Môquet et le marquis de Sade !! Leur seul point commun est d'être français.


2 Ce fut aussi le cas d'Antillais : http://www.afrik.com/article24205.html

3 Stéréotypes, discrimination et relations intergroupes. Éditions Mardaga 1999.

4 Le « Mouvement des damnés de l'impérialisme » avait le soutien explicite d'antisémites revendiqués comme « Boris Le Lay ».

5 Le terme leucoderme, au départ purement biologique (comme mélanoderme et xanthoderme) est utilisé par les suprémacistes noirs pour désigner les « blancs ». Une recherche Google sur ce mot donne 26 000 résultats, y compris les articles scientifiques, alors que « dhimmitude », thèse de ralliement des islamophobes, en donne 826 000. (chiffres 2011)

8 http://herveryssen.over-blog.com/ (blog migrateur, pour échapper aux actions en justice et intervention des anti-racsites). Consulté le 7 avril 2012.

10 Lire à ce sujet des salutaires mises au point publiées par le diocèse du Val-d’Oise à propos de la pièce : « sur le concept du visage du fils de Dieu » sous le titre explicite : « Christianophobie, on confond tout ! »

http://www.catholique95.com/actualites/presentation.php?identifiant=1110theatre (consulté le 7 avril 2012)

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