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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Les Libertés démocratiques et la justice sociale contre le terrorisme et l’autoritarisme sécuritaire

24 Janvier 2015 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Libertés

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lundi 19 janvier 2015

Mireille Fanon-Mendes-France
Fondation Frantz Fanon

Après cette terrible semaine, mes pensées, comme celles de beaucoup, sont pour tous ceux qui sont morts, pour leurs familles, leurs amis et collègues. Pour ceux qui ont été tués, victimes et terroristes. Oui, je ne peux pas ne pas aussi penser à eux, à leurs familles et amis, à ceux qui les ont connus [1]. Pour ce que ce pays est devenu et est en train de devenir. Pour la désignation, urbi et orbi, à la vindicte publique de personnes qui se battent pour une réelle justice sociale et contre l’expression de toutes les formes de racisme, dont le racisme anti-noir, antimusulman mais aussi le racisme antijuif et de ceux qui refusent l’exclusion, la marginalisation, l’essentialisation et la stigmatisation.

On ne peut que s’inquiéter de cette « union nationale », convoquée dans un élan unanime, émotionnel, qui a parcouru les artères et les places publiques de nombreuses villes de France mais aussi bien au-delà. Que penser de cette union inconditionnelle convoquée par des milieux dont les discours de haine et d’exclusion ouvrent la voix aux pires dérives. On a ainsi vu d’anciens ministres jeter en pâture le nom de groupes politiques honorables ou de militants humanistes qui dénoncent l’ensemble des dérives sectaires, racistes portées par différents gouvernements depuis l’arrivée des socialistes au pouvoir en 1981. Est-ce ainsi que se construit une réelle unité nationale ? Si tant est que cette unité soit pertinente quand on sait à quels moments elle réfère [2].

Mais ce dimanche, il fallait être du bon « côté » identifié par les media et ceux qui nous gouvernent. Toute autre voix étant impossible, toute nuance de fait interdite ; le seul terme du contrat médiatique et politique étant celui de l’adhésion acritique au récit officiel. Cette communion devait agir comme une catharsis avec une fonction édifiante ; elle risque d’être déclinée pendant plusieurs semaines, tant les crimes, par leur nature et leur ampleur, interpellent différents niveaux de la société française.

Elle l’a été, le jour où le Premier Ministre s’est adressé aux députés qui l’ont accueilli, debout, en entonnant d’une seule voix la Marseillaise. Cet hymne guerrier était, à ce moment, le signe de ralliement d’une partie du corps législatif en fusion avec l’exécutif pour la guerre. Mais de quelle guerre est-il question ?

La réalité et l’idéologie dominante ont la vie dure. Ce discours n’a pas maintenu le besoin ressenti d’une purgation émotionnelle. Les annonces et le ton du premier-ministre lancent la société française, avec entre autres « la France est en guerre » dans une guerre imprécise du bien contre le mal, des uns contre les autres… Evoquant la formule de Georges W. Bush, au lendemain du 9 septembre 2001, qui affirmait que les Etats-Unis entraient « en guerre contre la terreur ».

La guerre impérialiste, horizon de l’occident en crise

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