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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Lettre ouverte à Marie-Christine Lepetit, Chef du service de l’Inspection générale des finances. (Georges Bardawil)

25 Septembre 2013 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Palestine Colonisation occupation

Madame,

http://www.assawra.info/local/cache-vignettes/L380xH215/arton4648-fb5da.jpgDans ces temps difficiles où il est demandé aux plus modestes d’entre nous de consentir à des restrictions sur leur pouvoir d’achat et à de grands et petits sacrifices, je m’étonne (et c’est un euphémisme) que vos services puissent faire bénéficier de déductions fiscales les dons des particuliers à l’Association Hasdeit Avot organisme de bienfaisance de la colonie israélienne de Kiryat Arba. Outre le fait que cette association ne me parait nullement répondre au critère " d’intérêt général", l’un des trois édictés par l’administration fiscale, je trouve particulièrement révoltant que mes impôts puissent, même indirectement, soutenir et financer une colonisation et une occupation de la Cisjordanie, que l’U.E, la France et les diplomaties du monde considèrent comme illégale sans aller jusqu’à la condamner. Je vous signale pour votre gouverne que la colonie de Kiryat Arba, fière de sa statue de Baruch Goldstein, (l’auteur en 1994 du massacre à l’arme automatique de la mosquée d’Abraham où 29 Palestiniens trouvèrent la mort et 125 furent blessés) est unanimement considérée comme la colonie la plus extrémiste et la plus radicale de la Cisjordanie.

A en croire Laurent Bonnefoy, chercheur en sciences politiques au CNRS : "visiter Hébron et ses environs, c’est s’approcher au plus près du caractère inique et révoltant de la colonisation et de l’occupation militaire". Quant aux trois critères édictés par votre administration, il poursuit : " une population de colons (dont les enfants apparaissent de toute évidence, instrumentalisés par leur aînés) n’est-elle pas justement "un cercle restreint de personnes" ? "L’entreprise de colonisation par la violence, la spoliation et la vexation ne saurait être un "objet social". Est-elle même "désintéressée" ? Quant au "centre aéré" que "nos" dons sont censés financer, qu’enseigne-t-il aux enfants ? La co-existence pacifique ? Non. L’objectif de Hasdei Avot clairement énoncé est de "maintenir la seule présence juive dans la ville des Patriarches (Hébron).

Je suis entièrement d’accord enfin avec ce chercheur pour vous dire qu’il est temps aujourd’hui de mettre un terme à cette incroyable exception dont jouissent nombres d’associations franco-israéliennes qui œuvrent en faveur de la colonisation israélienne et le font avec les deniers publics." "Sans doute est-il enfin temps pour notre gouvernement d’accepter que le rejet de la colonisation et la mise en application des principes républicains qui nous sont chers passent non seulement par des paroles mais aussi par des décisions politiques courageuses. Nos consciences et notre déficit public ne s’en porteraient que mieux.

Une réponse m’obligerait. Dans cette attente, je vous prie de croire, Madame, à l’expression de mes salutations respectueuses.

Georges Bardawil
Mercredi, 25 septembre 2013

PS- Pendant que j’achevais la rédaction de ce courriel, je prends connaissance des toutes récentes règles fixées par la Com­mission euro­péenne pour tout projet de coopé­ration avec des orga­nismes israë­liens. Devant être publiées au Journal officiel de l’UE, elles me paraissent d’évidence, interdire désormais le genre d’avantages fiscaux dont vous faisiez bénéficier les généreux donateurs à l’Association Hasdeit Avot.. Elles rappellent en effet que le Golan, Gaza, Jérusalem-Est et les territoires de la Cisjordanie occupés depuis 1967 ne font nullement partie de l’Etat d’Israël et en conséquence, il en découle qu’aucune entité israélienne (orga­nisme, entre­prise, asso­ciation, uni­versité…) ne pourra faire l’objet d’une aide de l’UE pour une activité se déroulant par­tiel­lement ou tota­lement dans les ter­ri­toires occupés par Israël. Quant aux ins­tru­ments finan­ciers (prêts, garanties), ils ne pourront être accordés qu’aux entités n’ayant aucune activité dans les ter­ri­toires occupés.

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