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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Monde arabe : deux articles d'Alain Gresh

30 Janvier 2011 , Rédigé par Revue de web Publié dans #Monde arabe

De la Tunisie à l’Egypte, un air de liberté

La tension est à son comble en Egypte, où le président Hosni Moubarak a décrété vendredi soir le couvre-feu. Le président de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée, membre du Parti national démocrate (PND) au pouvoir, a appelé le président Moubarak à « des réformes sans précédent » pour éviter une « révolution ». M. Mostapha Al-Fekki, dans des déclarations faites à la chaîne Al-Jazira, le 28 janvier, a ajouté : « L’option sécuritaire seule n’est pas suffisante et le président est le seul à même de faire cesser ces événements. » Des informations font état de fraternisation entre des policiers et des manifestants. Ces premières fissures annoncent-elle des craquements plus importants ? Que fera l’armée, le pilier du pouvoir ?

Il est impossible de répondre alors que ce 28 janvier, pour le quatrième jour consécutif, des dizaines de milliers d’Egyptiens ont manifesté au Caire, à Alexandrie, à Suez et dans les grandes villes du pays. Ils ont affronté partout la police et le pouvoir a pris des mesures exceptionnelles pour couper ce pays de 80 millions d’habitants du reste du monde – la coupure d’Internet est « une première mondiale », titrait une dépêche de l’Agence France Presse (AFP). Pourtant, les images transmises par téléphone portable ou par les chaînes satellitaires empêchent la mise en quarantaine du pays.

 

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Egypte-monde arabe, la troisième vague

 

« Allons enfants de la patrie, le jour de gloire est arrivé ! » En ce 14 juillet, les habitants sont réveillés par la radio au son de La Marseillaise. Dans les rues, les gens se précipitent et crient « Vive la République, mort au roi ! » Ils ne savent pas encore que le souverain et une partie de sa famille ont été exécutés. Le soir, devant l’ambassade américaine, le grand poète Abdelwahhab Bayati déclame un poème, Fanfare pour les héros :

« Dans ma patrie le soleil se lève

Et les fanfares résonnent pour les héros.

O bien-aimée, réveillez-vous,

Car nous voici libres comme le feu,

Libres comme l’oiseau et comme le jour. »

Bagdad, 1958. L’armée vient de prendre le pouvoir, mais on est loin d’un coup d’Etat traditionnel. Les foules qui défilent montrent un soutien massif au nouveau régime et l’isolement de la monarchie pro-occidentale installée par les baïonnettes britanniques au lendemain de la première guerre mondiale. A l’époque, la France et le Royaume-Uni s’étaient partagé le Proche-Orient, traçant dans le vif des frontières improbables. Pour Paris, le mandat sur ce qui deviendra le Liban et la Syrie ; pour Londres, le contrôle de la Palestine, de la Transjordanie et de l’Irak. Dans les années 1930, puis, à nouveau, après la seconde guerre mondiale, de puissants mouvements nationalistes s’organiseront dans ces pays contre la mainmise coloniale. La révolution irakienne de 1958 marque le point culminant de cette vague qui va secouer le Proche-Orient et le Maghreb, avant de se briser sur la défaite arabe face à Israël en juin 1967.

 

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