Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Présidentielle 2012 : Eva Joly répond au MRAP. Questions internationales

9 Avril 2012 , Rédigé par Revue de web Publié dans #Questions internationales, #MRAP

http://evajoly2012.fr/files/2012/04/Capture-d%E2%80%99%C3%A9cran-2012-03-26-%C3%A0-14.55.12.png

 

Source.

http://evajoly2012.fr/2012/04/09/eva-joly-repond-au-mrap-mouvement-contre-le-racisme-et-pour-lamitie-entre-les-peuples/

 

 

 

Voir aussi :

 

Présidentielle 2012 : Eva Joly répond au MRAP. Droits humains en France et en Europe

 

 

La question palestinienne

 

1- Quelles sanctions comptez-vous prendre contre le refus d’Israël de respecter le droit international et les résolutions de l’ONU concernant la création d’un État palestinien dans les frontières de 1967, avec Jérusalem Est comme capitale ainsi que sur la destruction du mur ?

2- Le 10 avril 2002 le Parlement européen votait une résolution appelant à suspendre l’accord d’association UE-Israël tant qu’une clause essentielle, le respect des droits de l’Homme et des principes démocratiques, ne serait pas appliquée par l’État israélien (article 2). Cette résolution est restée lettre morte. Que comptez-vous faire pour que la France contribue à la faire appliquer ?

 

Israël refuse depuis des décennies de se soumettre aux règles les plus élémentaires du droit international. Ce sont ainsi plus de 30 résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU qu’Israël a refusé ou refuse encore de respecter, attitude pour le moins paradoxale de la part d’un état créé par une résolution des Nations unies. Chaque jour, avec la colonisation, ce sont les conventions de Genève qui sont violées. En juillet 2004, la Cour internationale de justice (CIJ) demandait à Israël de détruire le mur construit en Cisjordanie : le mur est toujours là, et continue de s’étendre… Le respect de ces résolutions et de ces conventions est la seule voie possible vers une paix réelle, où le droit et la justice seraient des principes intangibles et non pas, comme c’est le cas à l’heure actuelle, des objets de négociation. C’est pourquoi nous demanderons à l’ONU de mettre en œuvre des sanctions contre le refus d’Israël de respecter le droit international.

Le texte visant à suspendre l’accord d’association UE Israël voté à l’initiative du Groupe Vert au Parlement Européen n’a pas été appliqué. Une sénatrice Verte a demandé pour la première fois au Sénat de refuser l’application des accords de coopération pour non respect de la clause des droits de l’homme. La majorité sénatoriale de l’époque avait voté contre cette demande. Nous réitérerons par nos groupes à l’Assemblée et au parlement cette demande de sanction.

3- Proposerez-vous (comme vient de le faire l’Islande) que la France reconnaisse l’État palestinien et soutiendrez-vous la proposition d’admission de l’État palestinien aux Nations-Unies ?

 

La Palestine, membre à part entière de l’UNESCO, doit être admise à l’ONU.

Depuis 1977, les Nations Unies célèbrent, le 29 novembre de chaque année, la journée internationale de solidarité avec la Palestine. Cette année encore le Secrétaire Général des Nations Unies déclare :« Soixante quatre ans jour pour jour, l’assemblée générale adoptait la ré solution 181 prévoyant la partition du territoire sous mandat en deux États. La création d’un État palestinien, vivant aux côtés d’Israël dans la paix et la sécurité, n’a que trop tardé. »

Pour autant, la demande d’admission de la Palestine comme 194ème État des Nations Unies n’a pas obtenu une réponse positive de la part du Comité d’admission du Conseil de Sécurité. Les États-Unis ont menacé d’user de leur droit de veto et les pays européens ont été incapables de définir une position commune. Le gouvernement français a même utilisé son influence pour faire pression sur les représentants palestiniens afin qu’ils limitent leur demande au statut de membre observateur.

Je réaffirme le droit des Palestiniens à un État souverain à part entière dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale.

 

4- Quelle serait votre position concernant l’application de la résolution 194 de l’Assemblée générale (1948) qui reconnaît le droit au retour des réfugiés palestiniens, dont les modalités d’exercice seront à définir dans le cadre de futures négociations ?

 

L’accord politique entre les deux États devra également régler la question des réfugiés palestiniens. Chacun sait que le droit de retour ne pourra s’exercer dans sa réalité pleine et entière. Il faut donc la considérer comme une question de principe qui doit reconnaître la responsabilité d’Israël dans la spoliation et l’expulsion des palestiniens de leur terre et donc se traduire par un droit de réparation légitime.

 

5- Êtes-vous prêt à exercer des pressions sur le gouvernement israélien pour obtenir la libération des prisonniers politiques palestiniens ?

 

Oui, comme nous le faisons pour obtenir la libération de tout prisonnier politique dans le monde.

 

6- Israël a imposé à Gaza un blocus illégal et criminel. Comment comptez-vous intervenir pour mettre fin à ce déni de droit ?

 

Plusieurs responsables d’Europe Ecologie les Verts ont participé à la flottille pour Gaza en 2011, d’autres, dont des députés européens, sont venus à Gaza pour protester contre ce déni de droit. Nous continuerons , tant au niveau du Parlement européen qu’au niveau national à intervenir.


Afghanistan – Iran

 

1- Déciderez-vous le retrait des troupes françaises d’Afghanistan et quelle aide apporterez vous à la reconstruction de ce pays dévasté par des années de guerre ?

 

2 847 militaires étrangers sont décédés ces dix dernières années, et pire, plus de 120 000 civils y auraient laissé la vie. Ce macabre bilan montre à quel point cette guerre en Afghanistan, débutée en 2001 par Georges W. Bush en réponse aux attentats du 11 septembre 2001, n’a que trop duré.

Je souhaite que l’ensemble de notre contingent militaire regagne la France le plus rapidement possible, avant fin 2012. Mais ce retrait ne doit pas se faire n’importe comment, et pour tenter de restaurer la stabilité dans l’ensemble de la région, la France pourrait dès 2012, en compagnie de ses partenaires européens et aux Nations Unies, être à l’initiative d’une grande conférence internationale sur l’avenir de l’Afghanistan, avec l’ensemble des pays voisins et partenaires.

 

2 – Quelle sera votre position face à une agression ou à des bombardements de l’Iran ?

 

Nous sommes contre tout bombardement de l’Iran qui aggraverait la situation dans une région où plusieurs pays (Israël, Pakistan, Inde) détiennent déjà l’arme nucléaire. Nous devons trouver les moyens pacifiques pour transformer le Moyen-Orient en zone dénucléarisée.

 

Afrique

 

1 et 2Quelles mesures comptez-vous prendre pour faire cesser la politique de la françafrique qui favorise la corruption et une économie soumise au diktat des marchés économiques et, pour initier une rélle politique de coopération avec les peuples africains dans le respect de l’état de droit et des aspirations démocratiques ? Que ferez-vous pour assurer une transparence totale des relations franco-africaines et en finir avec le soutien de la France aux régimes dictatoriaux en Afrique ?

 

Nous proposons de renforcer le droit dans la lutte contre les délits économiques et financiers, et contre l’impunité en cas de délits commis par les chefs d’État ou les élites internationales.

Il faut mettre un terme définitif à la Françafrique financière et militaire, aux valises de billets et aux trafics d’influence, prévenir et sanctionner les conflits d’intérêts des responsables politiques et des hauts fonctionnaires par une réelle coopération judiciaire et fiscale, et assurer la restitution rapide des avoirs détournés aux pays spoliés (les « biens mal acquis »). Nos deux premières décisions seront de supprimer la cellule Afrique de l’Élysée et d’entamer le démantèlement des bases militaires de l’Armée française en Afrique.

 

3- Êtes-vous favorable à des sanctions contre les gouvernements qui continuent l’horrible exploitation des « enfants soldats » ? Comment comptez-vous participer à leur reconstruction, y compris en France pour ceux qui s’y réfugient ?

 

Nous sommes favorables à des sanctions contre ces gouvernements qui utilisent des enfants – soldats mais aussi à la fin du trafic d’armes qui permet de leur mettre des armes entre les mains.

Pour les enfants réfugiés en France, nous proposons outre l’application systématique du droit d’asile, une aide psychologique et sociale adaptée.

 

Sur les pays en développement

 

1 – Quelles mesures sur le plan mondial, comptez-vous prendre pour l’annulation de la Dette des pays dits en voie de développement ?

 

Sur le plan économique et financier, la France et l’Union européenne doivent promouvoir une gouvernance mondiale régulée et une gestion internationale de la dette.

Nous sommes pour l’annulation des dettes illégitimes des pays les plus pauvre set la responsabilité mutuelle des créanciers et débiteurs publics et privés.

Comme nous nous y sommes engagés dans notre accord avec le Parti Socialiste, nous voulons qu’au terme du quinquennat l’aide publique au développement atteigne 1% du PIB, en privilégiant les dons réels, déliés des objectifs géostratégiques et fléchés vers les PMA.

Dès la mandature 2012-2017, une loi sur la coopération solidaire sera portée par EELV, avec un contrôle parlementaire et citoyen sur les finalités , le contenu et l’efficacité de l’aide. Elle portera une réforme des appels des appels d’offre et des missions et une gestion locale, paritaire,et démocratique des programmes en s’appuyant sur trois principes :

  • égalité entre partenaires de différents pays ;
  • transparence de la politique de coopération ;
  • principe de participation citoyenne et démocratique permettant une coopération de société à société.

Enfin, l’Agence française de développement sera revue en profondeur.

 

 

2 – Quelles sont vos propositions pour faire cesser l’exploitation et la dilapidation de leurs ressources en faveur des pays dominants et pour instaurer des échanges basés sur la coopération et le respect réciproque ?

 

Pour une meilleure répartition des ressources vers une démocratie globale, il convient d’engager la dissolution à terme du G8 et du G20. Ces organisations à très faible légitimité démocratique décident aujourd’hui de la guerre et de la paix mondiale, des modèles de société, des politiques économiques. L’ONU doit reprendre une place centrale dans la gouvernance mondiale, notamment par une réforme se son Conseil de Sécurité, pour une meilleure représentativité des pays du Sud et émergents, par sa capacité à faire appliquer ses propres résolutions et le droit international.

Nous proposons de garantir le droit à la souveraineté alimentaire

 

Nous portons également l’idée d’une agence internationale pour la régulation du commerce et des minerais précieux, avec un label d’origine, une véritable certification, une traçabilité parfaite des transactions jusqu’au consommateur final.

 

 Sur la paix et le désarmement

 

1- Quelles initiatives comptez-vous prendre pour contribuer à la dénucléarisation de tous les États et à l’effectivité du respect du Traité de Non-prolifétration ? Comment comptez-vous agir pour parvenir à un monde sans armes de destructions massives et convertir les économies de guerre en économies de paix. En particulier, quelles initiatives comptez-vous prendre pour contribuer à la dénucléarisation de tous les États et à l’effectivité du respect du Traité de Non Prolifération ?

 

La non-violence comme mode de résolution des crises internationales représente une valeur constitutive de l’écologie politique. Il a toujours été clair que nous sommes opposés à la « Force de frappe ». Il reste actuellement plus de 20.000 bombes nucléaires en service dans le monde, dont 2000 en état d’alerte. La dissuasion nucléaire correspond à une menace de suicide de l’Humanité. En aucun cas l’arme nucléaire ne peut garantir la sécurité d’un pays car cette supposée sécurité repose sur l’insécurité de tous les autres.

La France doit arrêter les programmes de modernisation de son armement nucléaire et de ses vecteurs, pour enclencher une dynamique d’élimination généralisée. Ainsi il serait possible dans une première étape de créer en Europe une Zone exempte d’armes nucléaires comme il en existe déjà sur plus de la moitié de la surface de la planète. Cela correspondrait à un retrait des armes américaines d’Europe et à un abandon des forces nucléaires britanniques et françaises. La France devrait soutenir une Convention d’élimination comme cela est souhaité par les trois-quarts des pays et voté en Assemblée générale de l’ONU, et avoir une politique de désarmement cohérente avec cet objectif. La question fondamentale est de créer les conditions d’élimination des armes nucléaires et d’engager le processus.

La notion « d’intérêts vitaux » est actuellement abordée dans le contexte d’une frappe nucléaire. Elle est volontairement floue pour créer un incertitude de frappe chez un agresseur. Pour nous, ce cadre militaire est une grave erreur. Les crises doivent être appréhendées dans une autre optique. La « sécurité » à laquelle a droit chaque peuple ne peut pas reposer sur une menace de type terroriste. Notre « sécurité » en Europe doit reposer sur la gestion des conflits dans le cadre de structures internationales créées dans ce but comme l’OSCE, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe. Actuellement l’OSCE ne dispose que d’un budget correspondant au dixième de celui de l’OTAN.

Nous sommes absolument pour l’abandon de la composante aéroportée comme l’ont fait les Britanniques. Et nous sommes opposés à la poursuite des recherches pour la modernisation des armes nucléaires. La modernisation des armes nucléaires d’un pays comme la France est un signal fort aux autres pays que l’arme nucléaire est pérennisée et donc une incitation à la prolifération.

 

3- Comptez-vous maintenir ou on la France dans l’OTAN ?

 

Le principe de l’engagement des forces ne pourra se faire que dans le cadre d’un mandat international de l’ONU. Par conséquent, la France se retirera du commandement intégré de l’OTAN.

Le contrôle de la représentation nationale sera renforcé par l’obligation d’un vote au Parlement dans un délai rapide pour tout engagement extérieur et de la publication de tous le traités (ratification explicite).

Enfin, il faut prioriser la dimension européenne de notre défense. Le projet d’Europe fédérale passe par l’élaboration d’une véritable politique européenne de sécurité et de défense (PESD) dotée d’une réelle capacité d’intervention civile et militaire.

 

Sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes

 

1- Quelles mesures comptez-vous prendre pour mettre fin à ces injustices notamment concernant les peuples kurde, sahraoui, tamoul, tchétchène, etc. ?

 

Tchétchénie, Ingouchie, Darfour, la plupart de ces conflits perdurent en raison de l’indifférence des opinions publiques des pays riches. Chez nous des organisations non gouvernementales, caritatives ou non militent pour vaincre notre indifférence. Notre devoir est de les aider concrètement dans leur travail, et d’agir. Il faut pratiquer une diplomatie active de lutte contre les dictatures et les régimes autoritaires et de solidarité avec les mouvements d’émancipation, qu’ils soient nationaux comme au Tibet, ou d’aspiration démocratique, comme en Syrie ou dans les pétromonarchies.

 

2- En particluier comment comptez-vous intervenir pour faire respecter le référendum d’autodétermination du peuple sahraoui voté par les Nations-Unies et assurer la protection des kurdes réfugiés en France ?

 

Sur le peuple sahraoui, nous exhortons l’ONU à mettre en oeuvre sa résolution 14.15 pour trouver rapidement une issue démocratique après 36 ans d’attente d’une solution juste pour ce dernier territoire d’Afrique oublié de la décolonisation. Nous sommes pour la levée du veto (veto de la France sur l’extension de la mission de la MINURSO à l’ensemble des territoires où vivent des Sahraouis) à l’ONU pour permettre un référendum.

 

Nous demandons le respect du droit d’asile pour tous les ressortissants en danger dans leurs pays, les kurdes comme les autres. Nous refusons que des décisions de mises sous contrôle permanent prises au nom d’action préventives soient prises contre les kurdes réfugiés en France , les transformant ainsi en suspects permanents.

 

Le blocus de Cuba par les États-Unis

 

 Quel rôle la France doit-elle jouer pour que soit levé ce blocus ?

Pour la vingtième année consécutive, l’Assemblée Générale des Nations Unies demande – à l’unanimité moins deux (les États-Unis et Israël) – la levée du blocus des États-Unis contre Cuba. C’est la seule résolution qui ose nommer les États-Unis par leur nom et c’est la seule résolution qui recueille une telle unanimité. Il faut exiger son application.

Depuis 50 ans, le blocus économique, commercial et financier des États-Unis contre Cuba, constitue l’obstacle principal au développement du pays. Le chef de la diplomatie cubaine Bruno Rodriguez Parilla a déclaré devant l’Assemblée générale des Nations unies que « le gouvernement cubain réitère sa volonté et son intérêt pour se diriger vers la normalisation des relations avec les États-Unis ». Il a proposé des discussions sur des questions humanitaires, de même qu’une coopération dans le domaine de la lutte anti-drogue, le terrorisme et la traite des êtres humains.

La France doit soutenir ce processus et dans le même temps elle doit s’élever contre tous les manquements aux droits humains et notamment la question des prisonniers d’opinion à Cuba.

 

Partager cet article

Commenter cet article