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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Retour sur la Tunisie

2 Mars 2011 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Tunisie, #Maghreb

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Le départ de Ben Ali a marqué sans conteste une victoire de la mobilisation du peuple tunisien. Il n’en représente néanmoins qu’une première étape dans le démantèlement complet d’un appareil qui, par delà la fuite de son chef, tente de survivre et de se recycler pour mieux se perpétuer. La composition du gouvernement provisoire en a été l’exemple le plus visible.

La poursuite de la mobilisation – qui ces derniers jours a eu raison du premier ministre Mohamed Ghannouchi et de plusieurs ministres contraints à la démission – prouve que le peuple tunisien entend bien faire table rase du régime précédent pour jouer un rôle actif dans la transition démocratique qui s’opère en Tunisie et éviter une confiscation du mouvement.

Dans la phase actuelle, s’établit de façon décisive un rapport de forces entre les différents acteurs à l’œuvre sur la scène politique tunisienne. La situation reste confuse : entre groupes qui exigent une rupture totale et profonde avec l’ancien régime, une bourgeoisie qui se contenterait d’une démocratisation ne mettant pas en cause le système économique, l’UGTT (Union générale des Travailleurs tunisiens), l’unique syndicat tunisien lui-même divisé et traversé par des contradictions entre revendications sociales fortes et prise en compte de la réalité économique et politique.

Quant aux partisans de l’ancien régime, ils n’ont pas abdiqué même si la quasi dissolution du RCD (Rassemblement constitutionnel démocratique), le parti de Ben Ali semble acquise. Les manifestations extrêmement violentes que les milices de l’ancien régime ont pu encore organiser ces derniers jours cherchent à instaurer un climat de désordre pour déstabiliser le processus en cours. En somme, jouer sur la peur du chaos pour susciter le recours à un nouvel autoritarisme.

Ce qui se passe en Tunisie, la réussite de la « révolution » tunisienne, a valeur d’exemple dans tout le monde arabe. Les régimes autoritaires de la région, les monarchies du Golfe, ont tout à redouter de la réussite de cette expérience. Ils mettront tout en œuvre pour faire échec à une transition démocratique, véritable et effective.

Le soutien à la Tunisie représente donc une nécessité. Les gouvernements occidentaux se sont dits prêts à aider le processus en cours. Pour ce qui est de la France, l’effort consenti est encore pour le moins ridicule …Mais peut-on faire confiance aux pays occidentaux pour que la « révolution » tunisienne arrive à son terme –une révolution qui mette sous contrôle du peuple tunisien tout à la fois les institutions politiques et les structures économiques. Pour les pays européens, leur souci principal et à courte vue, reste, comme n’a pu s’empêcher de le déclarer Nicolas Sarkozy, la question de l’immigration. Constat accablant d’une impossibilité à prendre date avec l’Histoire.

YM

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