Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Session du Tribunal Russel : crimes israéliens à Gaza (MRAP Grenoble)

26 Septembre 2014 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Palestine Gaza, #MRAP expressions plurielles

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

http://s2.dmcdn.net/AeCXG.jpgLe Tribunal Russell sur la Palestine dénonce le nettoyage ethnique en cours à Gaza et appelle la Cour pénale internationale à se saisir des crimes commis dans le Territoire de l’État de Palestine

 

Lors de la session spéciale, tenue hier à Bruxelles, par le Tribunal Russell sur la Palestine, la douzaine de témoins, palestiniens et ressortissants européens, présents à Gaza au mois de juillet et août derniers, ont mis en lumière différents aspects de la politique d’apartheid et de nettoyage ethnique mise en œuvre par l’État d’Israël. Ils ont illustré comme l’opération « Bordure protectrice » n'était qu'une étape supplémentaire de la politique coloniale tendant à terroriser la population civile palestinienne. Suite à l'annonce faite hier par le Gouvernement israélien de l'augmentation de plusieurs milliards d'euros du budget militaire pour les deux prochaines années, d'aucuns ont affirmé que d'autres opérations suivront très prochainement.
Par ailleurs, les témoins ont illustré le discours public de haine en cours en Israël à l’encontre du peuple arabe, et palestinien en particulier, tenu à la fois par des responsables politiques (y compris des membres du gouvernement) et religieux, parfois fondés sur des références religieuses.

 

Les témoins ont également relevé comme les autorités israéliennes ont, par différents moyens invité, avant et pendant l’opération « Bordure protectrice », la population gazaouie à quitter le territoire.

 

Tout en soulignant que certaines sortes de munitions utilisées par l’armée israélienne lors de l’opération « Bordure protectrice » auront des conséquences directes sur l’environnement et la santé de la population à plus long terme, les témoins ont unanimement reconnus le caractère disproportionné de l’utilisation de la force de la part de l’armée israélienne, ce que le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a également dénoncé dans son rapport (A/HRC/27/76) présenté lundi 22 septembre devant le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. L’utilisation excessive de la force contre la population et les infrastructures civiles s'est déroulée conformément à celle qui est connue comme la « Doctrine Dahiya » (punition collective de la population civile) et à la Directive Hannibal voulant que des quartiers entiers soient détruits afin que les troupes au sol puissent avancer sans trouver de résistance.
Alors que lors de l’opération « Plomb durci » (décembre 2008-janvier 2009) 50 tonnes de munitions ont été déversées, cette été ce sont 700 tonnes de bombes et mortiers qui se sont abattues sur Gaza, soit une moyenne de 2 tonnes par kilomètre carré.

 

S’il peut apparaître difficile d’apporter la preuve de tous les éléments constitutifs du crime de génocide, en particulier les éléments subjectifs (la volonté), les témoins ont mis en lumière, également par des éléments visuels, la politique délibérée d’apartheid à l’encontre du peuple palestinien qui se traduit par un ordre juridique différent et un système de développement économique entravé, voire bloqué par des mesures d’exception basées sur des justifications sécuritaires.

 

Les témoins ayant pu se présenter devant le Tribunal (d’autres ont été empêchés de quitter Gaza)  ont également apporté les preuves qu’une politique de nettoyage ethnique est en cours dans la bande de Gaza. Rappelant les déclarations des autorités israéliennes manifestant leur satisfaction de voir que 90% des frappes ont touché les objectifs fixés, les témoins ont relevé que des lieux de culte et appartenant au patrimoine culturel ont été frappés, 18'000 unités d’habitation ont été détruites, le système d’approvisionnement en électricité et en eau a été durablement endommagé, 50% des infrastructures sanitaires (hôpitaux et dispensaires) ont été détruits partiellement ou en totalité, près de la totalité des exploitations agricoles ont été détruites, 70% des usines et ateliers ont été détruits partiellement ou en totalité, plusieurs infrastructures éducatives ont été détruites partiellement ou en totalité et les matériaux de (re)construction, dont le coût est estimé à plus de 6 milliards d’euros, sont difficilement accessibles.

 

Le MRAP-Grenoble dénonce la politique de « deux poids – deux mesures » pratiqué par l’Union européenne, ses États membres et singulièrement la France consistant d’une part à promouvoir l’adhésion universelle au Statut de Rome tout en faisant pression sur les autorités palestiniennes pour qu’elles s’en abstiennent et d’autre part à adopter des mesures de différente nature à l’encontre de pays qui violent gravement les libertés et droits fondamentaux de leurs populations tout en s’abstenant  de condamner la politique coloniale et criminelle de l’État d’Israël.

 

Le MRAP-Grenoble appelle les autorités européennes et françaises à adopter les sanctions appropriées sur le plan diplomatique, financier, économique à l’encontre de l’Etat d’Israël et à suspendre immédiatement toute coopération militaire avec l’État d’Israël.

 

Le MRAP-Grenoble encourage les autorités palestiniennes à adhérer dans les plus brefs délais au Statut de Rome afin que les responsables des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis sur le territoire de l’Etat de Palestine soient portés devant la justice et ne jouissent plus ainsi de l’impunité.

 

Grenoble, le 25 septembre 2014

Partager cet article

Commenter cet article