Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Soulèvement contre la dictature au Soudan (Gérard Prunier)

29 Septembre 2013 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Monde arabe, #Soudan

Depuis une semaine, des émeutes qui ont commencé à Wad Madani, ville située à l’est de Khartoum, se sont étendues. La politique menée par le régime du président Omar el-Béchir depuis le coup d’État de novembre 1989, les discriminations imposées au nom de l’islam et l’instrumentalisation de cette religion ont servi de terreau propice à la révolte. Ce n’est pas la première fois que le pouvoir militaire est en butte à une contestation populaire. Réussira-t-elle cette fois-ci ?

Les émeutes qui ont débuté à Wad Madani le 22 septembre dernier sont une conséquence logique des politiques poursuivies par le régime du Parti du congrès national (PCN), au pouvoir à Khartoum depuis près de vingt-cinq ans. Ce régime, qui s’est longtemps présenté comme islamiste, n’est en fait plus aujourd’hui qu’un regroupement d’intérêts mercantiles — d’où son surnom populaire de « Tujjar ad-Din », « les marchands de religion » — n’opérant que dans le but de défendre ses propres intérêts. Sauf pour une poignée de militants convaincus, l’islam n’est pour les dirigeants qu’une idéologie leur permettant de justifier leur domination politique et économique. Mais celle-ci a été très mal gérée : en refusant de chercher le moindre accommodement avec la rébellion entamée dans le Sud (souvent impulsée par des chrétiens) par le colonel John Garang en 1983, le pouvoir a dû se résigner à un référendum d’autodétermination qui a donné lieu, il y a deux ans, à la sécession du Sud et à la création d’un nouvel État (Le Soudan du Sud, couramment dénommé « Sud-Soudan » par emprunt à l’anglais, ndlr). Garang, mort dans un accident d’hélicoptère en 2005, n’était pourtant pas en faveur d’une séparation, convaincu que les problèmes du pays auraient encore plus de mal à être résolus morceau par morceau, région par région. La suite lui a donné raison.

Lire la suite

Partager cet article

Commenter cet article