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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Tout savoir (ou presque) sur la Ligue de défense juive (LDJ)

13 Septembre 2014 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Extrême-droite, #LDJ Ligue de défense juive

La revue en ligne Street Press publie une série de trois articles très documentés sur la LDJ :

La Ligue de Défense Juive, en vrai

Milice ou bullshit ?

De 1968 à aujourd’hui : La story

La guerre parallèle, les liens avec l’extrême droite et le racisme

 

Extraits :


Sauf que la « Ligue » en vrai, c’est un peu plus compliqué. Parce que les militants qui passent leur temps à clasher Dieudonné se chambrent aussi entre eux en se faisant… des quenelles. Parce que les mêmes qui se présentent comme un mouvement d’autodéfense face aux agressions antisémites tombent aussi sur un gamin feuj du 19e qui a le malheur d’avoir une « gueule de gitan » ou qui gazent quelques années plus tôt des militants juifs du mouvement de gauche mainstream « la Paix Maintenant ». Ou encore parce la bande qui va faire exploser le scooter du boss d’un mouvement néonazi va, un an plus tard, participer à la sécurité d’une réunion du Bloc Identitaire.


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  (..) choisit de donner pour symbole à sa Ligue de Défense Juive l’étoile de David marquée d’un poing, sur fond jaune. C’est le symbole du parti d’extrême droite israélien Kah, qui vient d’être interdit 6 ans plus tôt en Israël après qu’un de ses membres, Baruh Goldstein est entré dans une mosquée de Hébron armé d’un fusil mitrailleur et a assassiné 25 fidèles en prière, en blessant 129 autres.

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  l’alliance de la communauté juive avec la frange pro-israélienne de l’extrême droite française s’impose pour affronter les nouveaux ennemis : islamistes, militants pro-palestiniens, intellectuels de gauche, médias ou « racailles » des banlieues.

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Mais petites et grosses « conneries » il y a bien eu. En marge de manifestations, lorsque des passants maghrébins sont passés à tabac comme lors du défilé à la mémoire d’Ilan Halimi en février 2006. Le slogan kahaniste « pas d’arabes, pas d’attentats » est aussi un grand classique des manifs de la LDJ. Il a aussi été crié par les sympathisants de la Ligue, sous leurs drapeaux jaunes, pendant le discours de Manuel Valls en mars dernier, lors d’une manifestation « contre l’antisémitisme et pour la fraternité républicaine » (sic)

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Saïd Bourarach trouvera lui la mort au printemps 2010. Le père de famille de 35 ans, vigile au magasin de bricolage Batkor de Bobigny, croise la route de Dan, à l’époque 19 ans et qui évolue dans la mouvance de la LDJ.

 

«Deux des agresseurs de Bourarach étaient membres de la Ligue» Maxime

Le magasin ferme ses portes quand Dan vient acheter un pot de peinture. Le vigile refuse l’entrée à Dan qui appelle ses potes. Les 4 hommes frappent violemment le vigile à coups de poings, de pierres et d’un cric de voiture. Ils s’en prennent à sa chienne, forçant le vigile à ressortir du magasin, pour essayer de la sauver. Une course poursuite s’ensuit et Saïd Bourarach tombe dans le canal de l’Ourcq qui longe le bâtiment. Son corps sera retrouvé le lendemain au fond de l’eau.

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L’anecdote vaut son pesant de cacahuètes. A l’époque ou Alain Soral s’était rapproché du FN et de Marine le Pen, celle-ci a appelé Eliahou le boss de la Ligue pour que ses gars cessent de cogner sur Soral. « C’est vrai, je confirme mais je n’étais pas d’accord pour qu’on fasse ce deal », ajoute Tony Attal.

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Des années 1970 à la fin des années 1990, le Bétar n’a pas lâché d’une semelle l’extrême droite. Les meetings de l’Œuvre Française ou le congrès du GRECE sont attaqués, les locaux du FN et les librairies négationnistes saccagés, les militants du GUD passés régulièrement à tabac.

Mais la création de la Ligue de Défense Juive change tout. L’ennemi n’est plus l’extrême droite mais l’Islam et les « racailles ». C’est l’époque où le « géopoliticien » Alexandre del Valle abandonne les estrades de l’Œuvre Française ou de la Fraternité Saint Pie X pour rejoindre celles de la droite sioniste. Très vite la LDJ renvoie sur son site vers la nébuleuse sos-racailles.org, une galaxie de sites d’extrême-droite. En 2004, la Ligue reproduitun texte du site anti-musulmans France-Echos titré « le nationalisme français et les Juifs » :

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Mais quelques mois plus tard, en décembre 2010, la jonction est faite. Aux « assises contre l’islamisation » , organisées par le Bloc Identitaire et Riposte Laïque, la Ligue de Défense Juive emmenée par Philippe Wagner est intégrée au service d’ordre. Et voilà les baby Kahana qui effectuent des rondes autour de l’Espace Charenton pour protéger l’événement. « Avec Wagner, on voulait s’aider des Identitaires présents pour se faire les mecs du [groupuscule pro-jihadiste] Forsane Alizza , qui avaient annoncé manifester contre le meeting du Bloc », raconte Maxime. Main dans la main donc avec Fabrice Robert, le fondateur du Bloc, qui il y a encore quelques années distribuait des tracts négationnistes ou créait le groupe de rock identitaire « Fraction Hexagone ».

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La LDJ n’ayant pas d’existence légale, c’est l’association « Europe Israël » créée en 2010 et dirigée par Jean-Marc Moskowitz qui dépose les demandes de manifestations de la Ligue à la préfecture de police, comme fin janvier place de la Madeleine, lors du rassemblement pour Jonathan Pollard, espion israélien emprisonné aux US. Sur les 45 manifestants qui avaient répondu à l’appel, plus de 25 étaient de la Ligue.

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Disposant de beaucoup plus de moyens, l’Union des Patrons Juifs de France (UPJF), qui se revendique comme un « lobby » juif, cherche depuis ses débuts à concurrencer le Crif, qu’elle juge trop modéré. L’UPJF s’est créée dans le tournant des années 2000, en même temps que la LDJ et partage sa vision d’une société française où le poids de la communauté musulmane se renforce. L’association publie depuis 2003 des textes du fondateur de la LDJ sur son site.

Ouvertement sarkozystes, les dirigeants de l’UPJF sont proches de l’ancien ministre de l’intérieur Claude Guéant, du député maire du 16e arrondissement Claude Goasguen ou d’Eric Raoult, régulièrement invités par l’association. Un autre ministre de l’intérieur, Brice Hortefeux, est également chouchouté par l’association qui lui a remis un « prix de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme ».

 

 

 

 

 


 

 

 


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