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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

Un crime crapuleux et son traitement politique (Laurent Lévy)

6 Décembre 2014 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Antisémitisme et négationnisme

Un crime crapuleux particulièrement noir fait la Une. En soi, la chose est assez banale, même si le niveau de violence atteinte a de quoi faire frémir. Des voyous à la recherche d’argent ont sauvagement agressé, pour le dévaliser, un  jeune couple qu’ils croyaient riche. Au passage, et pour faire bonne mesure, ils ont violé la femme. Mais ce crime crapuleux a une caractéristique, exploitée jusqu’à la nausée par l’ensemble des médias : c’est que si les criminels ont cru que ce jeune couple avait de l’argent, c’est à partir de l’intégration d’un vieux stéréotype antisémite, surgi de la nuit des temps : ces gens-là sont juifs, et les Juifs ont de l’argent.

Il se commet certes hélas un certain nombre de viols par semaine, et plus encore de cambriolages. La combinaison de ces deux crimes est plus rare ; elle ne suffirait pas à faire la Une. Ce qui fait la Une, et suscite des commentaires à juste titre indignés aux plus hauts sommets de l’Etat, c’est le caractère antisémite du crime. Un caractère pourtant second, notons-le bien, ou plus précisément induit. Le point est loin d’être accessoire. L’antisémitisme n’intervient pas dans l’acte lui-même (cette femme n’a pas été violée parce qu’elle était juive) mais en amont : les criminels, informés par les préjugés antisémites, ont cru qu’ils trouveraient de l’argent chez leurs victimes, parce qu’ils pensaient que « les Juifs ont de l’argent ». C’est en tant que riches (supposés) qu’on les a agressés pour les dépouiller. Et le viol n’intervient qu’en complément, comme si l’occasion faisait le larron. En somme, si les auteurs de ces faits abominables n’avaient pas été antisémites, ils auraient choisi d’autres victimes. L’essentiel pour eux était de commettre un cambriolage, et au passage un viol. Ce n’est pas la même chose, sur le plan des réflexes psychologiques et de la signification d’un acte, de s’en prendre à des Juifs en tant que Juifs et parce qu’ils sont juifs, et de s’en prendre à des gens que, parce que l’on a intégré les préjugés antisémites, on croit riches parce qu’ils sont juifs. Dans un cas, c’est l’antisémitisme qui fonderait la violence. Dans l’autre, c’est l’appât du gain. Ne pas voir cette différence, c’est se condamner à ne rien comprendre. Et refuser de la voir suppose que l’on ait refusé de penser un phénomène préoccupant.

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https://www.ensemble-fdg.org/content/un-crime-crapuleux-et-son-traitement-politique


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