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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

2009 : Texte d'orientation adopté par le Conseil d'administration à l'occasion du 60ème anniversaire du MRAP

10 Octobre 2014 Publié dans #Repères, #MRAP

Texte d'orientation adopté par le conseil d'administration à l'occasion du 60ème anniversaire du MRAP

Nos aînés ont créé le MRAP à un nœud de cet « âge des extrêmes » que fut le XXème siècle. Ils voulaient éviter la résurgence du nazisme et refusaient la logique de l'affrontement entre deux blocs.

Le changement de siècle n'a pas vu la « fin de l'histoire » prévue par certains avec la victoire de la démocratie et de l'économie de marché.

La théorie du « choc des civilisations » a remplacé la logique « bloc contre bloc ». Il y a toujours des théoriciens pour définir un « autre » tellement différent qu'il ne peut être qu'hostile.

Les affrontements meurtriers entre États-Nations sont maintenant circonscrits, mais l'affaiblissement relatif de ces derniers a fait apparaître de nouvelles lignes de fracture. L'appartenance nationale n'est plus le seul intermédiaire, obstacle ou médiation, entre l'individu et l'universel. L'histoire et la mémoire sont toujours des enjeux politiques, qui échappent aux monopoles des États, qui ont de plus en plus de difficultés à maîtriser « l'identité nationale », source de leur légitimité. Il y a un grand risque de voir cette dernière définie non plus par une volonté d'agir ensemble, mais par l'invocation d'un passé révolu et largement mythifié et par l'exclusion de ceux qui n'y ont pas participé.

Les empires coloniaux des XIXème et XXème siècles ont pratiquement tous disparu, mais de nouvelles formes de domination les ont remplacés. Des conflits de même nature apparaissent aussi bien dans les États nés avant la colonisation que dans ceux nés après. Des communautés de toutes sortes, volontaires ou imposées, sur des bases anciennes ou nouvelles, veulent devenir des acteurs politiques.

Le « droit à la différence » a parfois été retourné en « devoir de différence », et l'invocation de la diversité peut parfois devenir instrument de dénombrement et de ségrégation.

Nous ne pouvons plus penser le monde comme un ensemble de triptyques « peuples-États-nations », la solution des conflits étant la constitution du nombre nécessaire de ces triptyques. Nous devons faire preuve d'imagination, penser les relations entre les êtres humains sans exclure aucune solution, dès lors qu'elle respecte le dignité et l'égalité des droits de chacun.

La mondialisation des échanges, économiques, humains, culturels, etc.. favorise tout aussi bien l'universalisation des idées et valeurs que le repli communautaire. Nous ne pouvons pas la refuser, mais nous devons la changer.

Le MRAP a compris et défendu l'idée que le racisme était un, avec des formes multiples, avec des victimes multiples, et qu'il ne devait pas y avoir concurrence entre elles, mais solidarité.

Après 60 ans, cette grande idée reste d'actualité.

L'antisémitisme existe toujours, auquel vient s’ajouter l'islamophobie, construite sur les mêmes schémas mentaux.

Les migrants, les colonisés, leurs descendants,, les ex colonisés et bien d'autres sont toujours victimes de discriminations.

La violence, la guerre, y compris nucléaire, sont toujours des menaces.

C'est notre défi de les faire reculer, celui du MRAP et celui de tous.

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