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Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale

2011 : textes en débat pour l'assemblée générale de janvier.

19 Octobre 2014 Publié dans #Repères, #MRAP

Motion « Projet de plate-forme pour l’AG de janvier 2011 »

 

Présenté par :

 

Le Congrès du MRAP va bientôt se tenir. Le texte que nous vous proposons résulte tout à la fois d’une analyse de la situation actuelle, fruit d’une expérience riche et contradictoire dans les instances, d’une plate-forme politique et d’un projet organisationnel qui engagera le MRAP pour les trois ans à venir. En ce sens, les propositions qui suivent se veulent une critique constructive, dans le but d’améliorer tant le fonctionnement que les analyses et les messages plus directement politiques et de répondre au mieux aux problèmes que nous avons vécus tant des points de vue organisationnel que politique ou institutionnel, tant ces trois niveaux interagissent et ne peuvent être traités indépendamment les uns des autres.

 

 

1 Un bilan très décevant

1.1 Soyons lucides: le MRAP va mal, et cela depuis plusieurs années. Pourquoi ?

Baisse du nombre d’adhérents, dissensions internes, messages politiques inaudibles ou contestés en sont les signes les plus visibles. Ceux qui, à l’intérieur comme à l’extérieur du mouvement, essaient de travailler avec lui ou pour lui rencontrent également des difficultés à savoir qui fait quoi, et comment, dans le mouvement. Il existe une explication récurrente, qui s’est exprimée lors du congrès de 2004 et depuis, à l’intérieur ou à l’extérieur du mouvement, à l’intérieur ou à l’extérieur des instances : Le MRAP aurait renoncé à une partie de son héritage, victime de la concentration des pouvoirs au bénéfice d’une seule personne. Il aurait défendu des positions contestables, ce qui expliquerait sa perte d’influence. Cette explication est facile, trop facile et ne correspond pas à la réalité.

Les positions contestées sont les suivantes :

- défense des droits des Palestiniens

- lutte contre l’islamophobie

- engagement aux côtés de forces de gauche, en France et dans le monde.

1.2 Mais aujourd’hui, nous devons constater que ces positions contestées de 2004 sont devenues incontestables dans la société française :

Vouloir adopter une position « équilibrée » entre Israéliens et Palestiniens est de moins en moins d’actualité, le gouvernement israélien faisant fi du droit international et la situation des Palestiniens devenant de plus en plus dramatique. Le terme islamophobie a été doublement légitimé : par ceux qui se revendiquent islamophobes et qui sont peu ou prou motivés par le racisme, et par toutes les instances internationales qui l’ont placée, au même titre que l’antisémitisme, parmi les fléaux à combattre. Les forces politiques que nous avons été accusés de soutenir sont de fait les seules qui ont soutenu certains de nos combats. Bien sûr, nous aurions préféré que tous les partis démocratiques le fassent, mais ce serait stupide de reprocher à des partis d’être d’accord avec nous et à certains camarades de s’y engager.

Aurions nous eu tort d’avoir eu raison trop tôt ?

1.3 Les statuts ne sont ni connus, ni respectés.

Par ailleurs, nous avons modifié nos statuts en 2004, et mis en place ensuite une présidence collégiale, sans que cela améliore le fonctionnement du mouvement. Très vite, il est apparu que le bilan du fonctionnement de cette présidence collégiale ne pouvait pas être fait sans un bilan global du fonctionnement du MRAP, dans toutes ses instances et toutes ses méthodes. Ce bilan a été fait, les conclusions ont été largement approuvées par le CA et une AG, et rien n’est venu.. Il est trop facile d’attaquer les statuts votés en 2004 dans la perspective illusoire d’une reconnaissance d’utilité publique. Adaptés ou non, on ne peut pas le savoir, car ils n’ont pas été respectés, ni même parfois connus et compris. Dans les faits, les décisions ont été prises par un petit groupe de personnes, plus disponibles et présentes, le BE et le CA devenant des chambres d’enregistrement. A l’inverse, des décisions du CA n’ont jamais connu de début d’application. Par commodité, ce groupe sera appelé « le siège » dans la suite du texte et des documents annexes plus détaillés à venir.

1.4 Le secteur « international » est devenu incontrôlable.

1.4.1 Cafouillages dans la gestion du dossier « Israël-Palestine »

Beaucoup de militants se sont investis sur cette question, à juste titre car le conflit du Proche-Orient est devenu central et emblématique pour la résolution des questions internationales. Le principal souci du « siège » aurait donc dû être de susciter et de coordonner les initiatives, et non d’intervenir en tant que tel, au risque de multiplier les intervenants, de brouiller l’action du MRAP, alors que dans d’autres sujets n’étaient pas couverts.

1.4.2 Polarisation sur certains sujets sans hiérarchisation des priorités politiques.

L’analyse des communiqués publiés par le MRAP depuis trois ans est édifiante :

- Pas de réflexion d’ensemble sur les enjeux internationaux, hormis un travail de synthèse sur la question de la dette.

- Absence totale de traitement de certaines zones géographiques : L’Amérique latine ignore le Brésil.

- Nous parlons des droits de peuples indigènes du continent sans jamais écrire les mots « Guyane française ».

- Il n’y a pas de problèmes de respect des droits de l’homme à Cuba.

- La moitié des communiqués concernant l’Amérique du Nord concernent Leonard Peltier. Les Caraïbes sont absentes.

- L’Afrique est essentiellement l’Afrique francophone.

- Asie : rien sur la Birmanie depuis septembre 2007, avec trois communiqués en quelques jours.

- Proche-Orient : rien sur les pays du Golfe et de la péninsule arabique.

- Rien sur l’Océanie.

- Europe : 2 communiqués en trois ans.

- Dépendance, pour la sensibilisation et la publication de communiqués, de collectifs et militants avec lesquels une personne seule a des contacts. Les relations avec certains d’entre eux sont d’ailleurs lourdes de risques, compte tenu de leur mode de fonctionnement interne (culte de la personnalité, etc..)

- Maîtrise lacunaire de certains sujets, y compris au niveau de la sémantique (le peuple tamoul réduit aux seuls Tamouls du Sri-Lanka), définition du peuple sahraoui, qui ne se limite pas au Sahara occidental.

Les conséquences sont les suivantes :

  • Notre engagement pour le peuple palestinien ne doit pas être remis en cause, mais il nous faut rationaliser notre présence en évitant les doublons et prioriser les autres engagements.

- Le temps passé à courir des réunions de collectifs les plus divers (la participation du MRAP à certains a été découverte à l’occasion de la réflexion sur fonctionnement engagée par le CA) n’a pas été consacré au développement du mouvement, et notre alignement irréfléchi sur certains leaders ou mouvements ne nous a rien apporté, quand il ne nous a pas nui.

- Nos adversaires ne se privent pas, de bonne ou mauvaise foi, de nous reprocher notre silence sur certains sujets (violences anti-chrétiennes par exemple).

1.5 Le résultat de ces blocages est dramatique :

La peur d’être critiqué par ceux qui se sont institués gardiens du temple des « fondamentaux du MRAP », qui refusent tout débat « qui risque de diviser le mouvement » , en clair qui remet en cause, à tort ou à raison, leurs certitudes, a conduit à la disparition presque totale de tout travail de réflexion sur les grands enjeux de société. A cela s’ajoute, la crainte pour certains de ne pas pouvoir maîtriser ce nécessaire examen, dès lors que la répétition et la citation scolastique de motions et textes connus d’eux-seuls ne suffit plus.

1.6 Nous n’avons donc rien dit, qui nous soit propre, sur des sujets tels que :

- le racisme anti-blanc et/ou anti-français

- la montée, vraie ou supposée, des communautarismes dans la société française, et l’instrumentalisation de sa dénonciation,

- l’application du principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, qui peut être utilisé au service d’impérialismes, et trouve aussi ses propres limites : théorique dans la définitions des« peuples » et pratiques dans la multiplication des États formellement souverains et des conflits territoriaux en cas d’interpénétration géographique des groupes concernés.

- les alternatives éventuelles à la solution « deux peuples, deux États » pour le conflit israélo palestinien, solution qui s’éloigne à mesure que s’intensifie la colonisation.

- la perméabilité croissante entre la droite et l’extrême-droite en Europe, qui fait que lutter contre « les partis d’extrême-droite » revient à guetter derrière la ligne Maginot de nos habitudes, un ennemi qui passe ailleurs.

-la naissance d’une nouvelle alliance « rouge-brun », autour de la défense de la laïcité conçue comme un marqueur identitaire national, et pas seulement de la part de la caricature que représente Riposte laïque. Etc.

Les rares tentatives de productions intellectuelles propres au mouvement et de le replacer au sein des débats d’idées ont été le fruit d’initiatives individuelles, ignorées du « Siège », quand elles n’ont pas été sabotées. Le rapport sur « Internet et les enjeux de la lutte contre la racisme » n’a été mis en ligne qu’après sa mention dans un rapport officiel sur le même sujet.

« Différences en ligne » n’a vu le jour, après des mois d’atermoiements, qu’aux forceps, la solution matérielle ayant été trouvée sans aucun appui du « Siège ». La collecte des articles, leur mise en ligne, repose sur une petite poignée de militants.

C’est le CA du MRAP qui a le premier proposé de défendre un « projet citoyen » pour faire échec au débat- Besson et de lancer une débat interne et externe sur ce sujet. Ce projet n’a jamais été concrétisé par le BE, dont c’était la mission et c’est avec une certaine amertume que nous le voyons aujourd’hui repris par d’autres.

Des travaux de militants (recherches bibliographiques par exemple) ont été superbement ignorées, ce qui a un double effet négatif : écoeurement des personnes concernées perte pour le MRAP d’une occasion de montrer son rôle de force d’analyse et de proposition.

Pour redonner une audience au MRAP, faire connaître ses idées, des initiatives médiatiques ont été prises et ont été contrées par « le siège », non pas pour des raisons de fond, mais pour des questions de préséances bureaucratiques.

La plupart des commissions ne fonctionnent pas et n’ont pas joué leur rôle de force de proposition.

1.7 Le MRAP n’intéresse plus.

Aujourd’hui, le citoyen qui souhaite s’engager sur ce qui reste parmi les thèmes d’intervention principaux du MRAP : la défense des Palestiniens et celle des sans-papiers, ira plus spontanément vers l’AFPS ou RESF, sans oublier la LDH. Pourquoi le lui reprocher ? Bien souvent, l’organisation matérielle est plus efficace, et le MRAP a perdu en outre sa spécificité : être capable de faire le lien entre la lutte contre le racisme et la promotion de l’amitié entre les peuples, proposer des analyses originales et globales, être une force d’analyse, de proposition et pas seulement de réaction. Nous avions la possibilité, après le congrès de 2004, de réussir la jonction entre le combat contre le racisme en France, qu’il s’agisse de l’antisémitisme ou de l’islamophobie et les luttes internationales (Palestine, contre les théories du choc des civilisations).

Cette synthèse militante entre les luttes d’ici et de là-bas aurait permis à la fois de :

- trouver de nouvelles forces militantes parmi celles et ceux qui sont sensibles aux deux combats,

- militer pour une « intégration citoyenne », qui soit celle autour de combats communs.

Par peur de perdre des soutiens que nous aurions de toute façon perdus et faute de changer nos façons de faire, nous n’avons pas su capitaliser cette avancée. Est-il encore possible de rattraper le temps perdu ?

Aujourd’hui, nous devons lutter contre deux dangers :

- Le développement de la xénophobie d’État, la recherche de boucs émissaires aux difficultés de la société française, qu’il s’agisse des « Roms délinquants » ou des « égorgeurs de moutons ».

  • La disparition progressive de tous les contre-pouvoirs, de toutes les libertés, susceptibles de s’opposer à celui du monarque élu. Nous ne galvauderons pas le terme de fascisme, mais nous ne sommes plus tout-à-fait en démocratie.

22. Éléments pour une plate-forme politique

2.1 Au niveau national :

Pour l’essentiel le racisme s’est manifesté, à l’exception des mesures contre les Roms, à l’encontre de l’islam et des personnes supposées musulmanes dans un phénomène que certains au MRAP ont refusé de nommer islamophobie.

Néanmoins du fait de la politique meurtrière menée par le gouvernement israélien, une instrumentalisation et une recrudescence de l’antisémitisme est toujours à craindre et à combattre – l’amalgame entre juifs et gouvernement israélien devant être dénoncé. Dans un contexte où la xénophobie d’Etat devient un élément essentiel de la politique sarkozyste, l’action du MRAP doit se développer sur plusieurs axes :

- Lutter contre le racisme sous toutes ses formes : aujourd’hui le racisme anti-gens du voyage et anti- Roms est réactivé, instrumentalisé par le pouvoir pour masquer ses échecs et montre à l’évidence que le combat contre le racisme ne peut aboutir que si l’on combat tous les racismes avec la même vigueur, sans hiérarchisation.

- Lutter contre les discriminations. Et dans ce domaine, malgré les promesses gouvernementales l’échec est complet et la mobilisation doit être relancée.

- Bien analyser le sarkozysme pour mieux le combattre : mélange de populisme et de néo-conservatisme,

et qui n’a fait que banaliser les thèses du FN. De plus en instrumentalisant la notion d’identité nationale il légitime nombre de discriminations et par touches successives s’en prend aux valeurs fondamentales de la République jusqu’à proposer des mesures anticonstitutionnelles comme la déchéance de la nationalité.

- Lutter contre l’extrême-droite, ses idées, analyser sa progression, sa nouvelle configuration au niveau national comme européen

  • Approfondir le débat sur la laïcité et bien situer le MRAP dans le débat qui oppose une laïcité qui inclut et une laïcité-prétexte qui exclut –

  • Insérer le MRAP et la lutte contre le racisme comme partie intégrante des luttes sociales et faire prendre en compte toujours plus cette dimension dans les luttes qui se développent, en un mot refuser l’ethnicisation des questions sociales.

2.2 Au niveau international :

Si les principes du droit international doivent continuer à guider les positionnements du MRAP, de nouveaux éléments doivent être pris en considération :

-une meilleure prise en compte des effets de la mondialisation une attention particulière portée aux problèmes écologiques qui structurent de nouveaux rapports de domination ou de dépendance entre pays riches et pays pauvres

-une réflexion sur le néo-colonialisme et sur son soubassement idéologique qui à côté des formes anciennes traditionnelles s’articule aujourd’hui autour de la « lutte contre le terrorisme » et de la dénonciation de l’islam.

La situation a certes évolué depuis l’arrivée au pouvoir de Barack Obama et la fin de la période Bush. Si le retrait d’Irak est devenu effectif, la présence états-unienne reste néanmoins importante dans la région.

2.2.1 Les positions du MRAP doivent continuer à s’articuler autour des points suivants :

- Demande de retrait des forces de l’OTAN d’Afghanistan

- Soutien aux forces démocratiques iraniennes et refus d’une intervention armée.

2.2.2 Quant à la situation en Palestine, le MRAP doit

- réaffirmer son soutien à un accord négocié sur les bases des résolutions internationales

- poursuivre son engagement dans la campagne BDS

- lutter contre le blocus de Gaza en participant aux initiatives allant dans ce sens

2.2.3 Autres thèmes

Nous proposons que parallèlement à la poursuite de l’activité spécifique des commissions relevant du secteur international un décloisonnement soit opéré pour que puisse s’engager un travail transversal de réflexion permettant de rénover un discours et une approche des problèmes comme ceux liés à :

- la réforme de l’ONU et plus particulièrement du Conseil de sécurité pour rendre cette organisation plus démocratique

- au contrôle démocratique sur les institutions internationales comme la Banque mondiale ou le FMI dont la responsabilité est grande dans le développement des inégalités entre pays riches et pays pauvres.

De même une réflexion sur ce qui se passe en Amérique latine doit nous aider à ouvrir des perspectives et à renouveler un discours qui tourne un peu en rond.

3 Comment mieux travailler ?

3.1 Affirmer plus nettement nos orientations et nos convictions

que brouille une gestion au jour le jour, afin de redynamiser l’ensemble du mouvement en délivrant des messages clairement identifiés MRAP tant à l’intérieur qu’à l’extérieur dans les collectifs.

Nous proposons de :

-Définir des campagnes propres au MRAP. L’unique campagne sur le sport montre un déficit du MRAP auquel il faut remédier : ainsi en est-il de l’absence de campagne contre l’offensive sarkozyste.

- Gagner en lisibilité en positionnant le MRAP sur ses valeurs avec la volonté de les faire partager.

- Prendre des initiatives, sans être à la remorque des autres organisations (appel de la LDH,de SOS…) et redevenir force de proposition et passer ainsi de la défensive à l’offensive.

- Mettre au point un plan médias pour intervenir dans la presse, sur les ondes et sur la toile, suivant un protocole concerté n’excluant toutefois pas les opportunités qui se présentent.

- Dénoncer la politique gouvernementale mais aussi interpeller la gauche et l’obliger à prendre position et à définir une politique.

3.2 Apporter les correctifs nécessaires à un meilleur travail collectif,

Le travail collectif mené au sein du CA et coordonné par François Munier a clairement identifié tous les blocages au niveau des instances qui ont eu pour conséquence un climat préjudiciable à un travail commun avec une tendance certaine à une forme de « bunkérisation » de certains secteurs.

Nous proposons de :

- Revoir les modes de fonctionnement en réfléchissant à un meilleur usage des nouvelles technologies sans toutefois écarter tous ceux qui n’en font pas usage. --Faire en sorte que les futurs responsables agissent autant en animateurs qu’en décideurs avec le souci constant de favoriser la consultation, les débats et l’expression collective.

- Favoriser l’expression des adhérents, des comités, ou des élus de province et remédier à leur éloignement.

- Lutter en conséquence contre l’appropriation (réelle ou ressentie comme telle) du MRAP par un groupe et particulièrement par le « siège. »

- Rénover les pratiques de représentation du MRAP dans les collectifs. Le représentant devant être en principe mandaté, c’est à dire que les questions à l’ordre du jour soient préalablement discutées entre les personnes concernées. Qu’un compte-rendu, même oral, soit fait par le représentant du MRAP sur les enjeux et les discussions, le CR du collectif étant nécessairement neutre et aseptisé.

- Énoncer une même règle valable pour tous pour la validation des communiqués ou des positionnements de manière à consulter toujours mieux le CA.

3.3 Enfin à la limite du politique et de l’organisationnel, nous proposons de

- Définir les priorités en fonction de l’état de nos forces et recentrer les activités du MRAP pour éviter la dissolution ou la dispersion dans d’autres structures.

- Mettre en place les synergies et les complémentarités entre les différents outils de communication du MRAP en privilégiant la présence sur la Toile par la mise en place et le développement de différents outils ou canaux de communication permettant une présence et une expression du MRAP plus lisibles.

- Ne pas laisser sans réponse des demandes de soutien quitte à expliciter les désaccords …

- Cadrer de façon plus stricte les rôles du CA et du BE.

- En dernier lieu, porter une attention particulière au problème des finances. Alors que les subventions diminuent, les projets devront être fonction de nos capacités de financement.

 

Adhérent (e) du MRAP, si vous désirez être signataire de la plateforme ci-dessus n’hésitez pas à contacter :


Projet d’orientation de la Liste MRAP unitaire
POUR FAVORISER L’ANTIRACISME DE PROXIMITE
Il y a trois ans, les 26 et 27 janvier 2008, une liste se présentait aux suffrages de l’Assemblée générale/Congrès des comités et fédération du MRAP et lui proposait, face à de « nouveaux enjeux », de relever de « nouveaux défis ». Il s’agissait alors, pour le MRAP, de surmonter les obstacles à une action au service de ses valeurs fondatrices, à rechercher dans un climat politique extérieur délétère.
Certes, le climat politique de cette fin de 2010 peut et doit être qualifié de plus délétère encore.
La xénophobie d’Etat et le racisme des politiques « officielles » du gouvernement français tant à l’égard des Roms provenant d’Europe de l’est que des « Gens du Voyage » de nationalité française, des enfants nés en France de parents étrangers et atteignant l’âge de 18 ans, des migrants et des Français naturalisés depuis moins de 10 ans… ont atteint des sommets inégalés.
Face à une situation d’une telle gravité, alors qu’il eût fallu être en mesure de mobiliser toutes nos forces réunies pour témoigner avec vigueur et pour contrer ces forces rétrogrades, c’est le MRAP lui-même qui vit aujourd’hui une crise grave qui menace sa survie même :
hémorragie accélérée du nombre d'adhérents,
rupture entre le « national » et les comités,
non fonctionnement du « Collège de la présidence » (qui a conduit deux de ses membres à démissionner),
crise au sein du CA mettant cet organe de direction, selon les moments, au bord de la paralysie ou de l’explosion,
problèmes financiers dus à la fois
• à la baisse du nombre des adhérents qui se traduit par un affaiblissement du socle même de viabilité de notre mouvement,
• à l'arrêt déjà consommé de certaines subventions tandis que se profile pour 2011 et 2012 un mouvement de retrait plus catastrophique encore des politiques publiques vis-à-vis des associations têtes de réseaux dans le secteur des droits fondamentaux et de l’Education populaire, lié aux orientations d’un gouvernement qui veut considérer la défense de l’égalité des droits et de la dignité de tous les citoyens comme un vulgaire
« Marché » parmi d’autres,
• et, enfin, à notre incapacité de mener à bien des campagnes d’un seul mouvement et d’une même voix ...
C’est pourquoi la liste qui vous est présentée ci-après se veut une tentative réfléchie de sauver le Mouvement auquel nous sommes profondément attachés, en invitant les militants et comités locaux (c'est à dire à ceux qui sont la force active de notre Mouvement) à réinvestir la direction.
Dans ce but, nous nous engageons, en cas d’élection à l’AG-Congrès des 8 et 9 janvier 2011 – en tant que mission prioritaire – à convoquer une nouvelle Assemblée Générale pour octobre 2011 afin de présenter au vote des délégué(e)s une modification des Statuts. Celle-ci aura pour objectif de permettre de revenir à un Conseil National représentant les comités locaux via les fédérations, c'est à dire les militants de terrain qui constituent la seule vraie force vive du mouvement. C'est en son sein que le futur Conseil National élira un Bureau National, un Bureau exécutif et un Collège de la présidence. Il appartiendra alors à ce nouveau Conseil National de définir les priorités du Mouvement entre deux congrès.
Dans une transparence totale nous déclarons donc être ensemble candidates et candidats pour mener à bien cette mission, étant entendu que notre mandat prendra fin par un nouveau scrutin lors de la tenue de l’ AG extraordinaire d’octobre 2011. Notre mission essentielle sera de redonner la voix aux comités, de faire du « national » une instance au service des comités, au service de l’anti-racisme de proximité – ce qui fut toujours la force d’intervention et l’originalité de notre mouvement - et non une « direction » déconnectée du terrain.
Il est bien entendu qu’au cours de cette période nous resterons vigilants et réagirons à toutes les manifestations de racisme, de discrimination et d’intolérance, soient-elles le fait des autorités de l’Etat, de groupements divers ou d’individus. Par contre, nous ne prendrons pas d’initiatives nouvelles engageant le MRAP dans le long terme.
Sur le plan international nous demeurerons fidèles aux principes de l’action du MRAP en apportant le soutien requis par les groupes, minorités et peuples qui luttent pour la protection et la promotion de leurs droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels, y compris le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et le droit au développement. Nous porterons une attention particulière aux situations de violations graves, persistantes et diffuses des libertés et droits fondamentaux comme celles, à titre d’exemple, relatives aux peuples Rom, Palestinien, Sahraoui, Mapuche et Kurde.
Nous maintiendrons un vrai « Collège de la présidence » constitué par les 4 « têtes de liste ».
En effet, ce n'est pas le principe du « collège de la présidence » qui a échoué comme tel. Son éclatement est dû aux obstacles créés au travail d’équipe et au non-respect des engagements pris. C’est ce qui a provoqué les démissions au sein de cette instance collégiale ainsi que la persistance et l’approfondissement des problèmes signalés dans notre projet d'orientation de 2008. A l’époque, nous espérions surmonter les obstacles majeurs que constituaient notamment la prise de décisions hâtives, sans concertation collégiale et sous la pression du monde extérieur, l’existence d'un seul porte parole du Mouvement, conduisant à l’identification (caricaturale dans le cas de la presse) du MRAP à ce porte-parole.
Cette liste se veut un signe d’espoir pour la survie du MRAP dans la fidélité à ses valeurs fondatrices : aujourd’hui pour la survie du mouvement, et demain pour son développement.
* * * * * * *
Fonctionnement du Collège de la Présidence
Le Collège de la Présidence sera constitué de quatre membres (quatre têtes de liste).
Chaque membre aura une responsabilité particulière d’animation de secteur et ou d’activité.
Toutes les décisions et positions politiques du mouvement (entre deux BE et CA) devront être prises par le Collège de la présidence après consultation éventuelle du BE ou du CA (notamment dans le cas de sujets ne faisant pas l'unanimité).
Toute intervention publique de la part de l’un des quatre membres se fera au nom du «Collège de la présidence du MRAP». Toute sollicitation d’intervention interne ou externe sera gérée et  décidée collégialement. Le Collège pourra solliciter tout membre du CA pour représenter le Mouvement en fonction des responsabilités respectives des uns et des autres au sein du MRAP.

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